Doctrine de progression : l’usage avant la complexité


Il existe une tentation universelle dans les projets numériques : croire que la maturité s’obtient en empilant des fonctionnalités. Cav:Chain prend le contrepied.

La doctrine est simple, presque ancienne dans son bon sens : on ne complexifie pas ce qu’on n’a pas encore vécu. On ne mécanise pas ce qu’on n’a pas encore compris. Et on n’industrialise pas ce qu’on n’a pas encore prouvé par l’usage réel.

Cette règle n’a rien de théorique. Elle structure la roadmap et le pilotage, dès la V1.

La règle d’or

  • V1 doit fonctionner imparfaitement mais réellement avant toute bascule V2.
  • V2 ne corrige pas V1, elle l’industrialise partiellement.

Dit autrement : si Cav:Chain n’est pas capable d’opérer une vente réelle, livrée correctement, avec un post-vente maîtrisé, alors toute sophistication technique devient un mirage coûteux.

Le sas V1 → V2, ou l’art de ne pas se mentir

Entre V1 et V2, il y a un sas. Ce sas est un garde-fou. Il évite la fuite en avant technique.

Ce sas n’est pas calendaire. Il est factuel. Il peut durer une semaine ou un mois. Il ne s’ouvre que si des faits simples sont réunis.

Les critères sont volontairement sobres :

  • une vente réelle a eu lieu,
  • le processus post-vente a été exécuté sans stress,
  • le dispositif est explicable sans jargon,
  • le temps perdu inutilement est identifié.

Cette sobriété n’est pas une posture. C’est une stratégie de survie. L’objectif est de construire un outil phygital opérationnel, soutenable et autofinancé par l’usage réel, sans mettre en risque l’exploitation par une complexité prématurée.

Ce que l’on mesure, volontairement, en V1

Cav:Chain refuse les tableaux de bord “usine à gaz”. En V1, on suit quelques indicateurs qui servent immédiatement à décider la suite :

  • nombre de ventes,
  • temps réel passé par vente,
  • points de friction,
  • questions clients.

Ce n’est pas du reporting. C’est un instrument d’arbitrage. La donnée n’est utile que si elle permet de trancher : qu’est-ce qui a réellement fonctionné, qu’est-ce qui a fait perdre du temps, qu’est-ce qui peut attendre, qu’est-ce qu’on ne refera plus comme ça.

La part manuelle n’est pas un défaut, si elle est maîtrisée

La V1 assume explicitement une part d’exécution manuelle, à condition qu’elle soit documentée, reproductible et juridiquement maîtrisée.

Le point clé, c’est la discipline : le processus post-vente doit exister sous forme écrite, transmissible, et alignée sur ce qui est réellement fait. Tant que ce document n’existe pas, la V1 n’est pas prête, même si le site est en ligne.

Automatiser, oui. Automatiser trop tôt, non.

La doctrine d’automatisation est conservatrice, au bon sens du terme :
on automatise uniquement ce qui a déjà été exécuté manuellement et compris, et ce qui fait perdre du temps sans créer de valeur.

C’est une ligne directrice qui va jusqu’à la V4 : les automatisations post-vente ne deviennent pertinentes que lorsqu’elles réduisent la charge opérateur sans complexifier le parcours client.

Ce que Cav:Chain n’est pas, même dans sa doctrine

Un rappel utile, ici, parce que la notion de “roadmap” peut être mal lue.

Cav:Chain n’est pas un service financier, ni une plateforme d’investissement. Il n’y a pas de promesse de rendement, pas de promesse de liquidité, pas de marché secondaire ouvert par défaut. Ces exclusions font partie de la gouvernance du projet, pas d’un simple discours.

La doctrine de progression n’est donc pas une promesse d’accélération. C’est une méthode de construction responsable : usage d’abord, complexité ensuite. Jamais avant.